Francis blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Arts et Lettres

Fil des billets

vendredi, 27 mars 2015

Men in Art



C'est très beau aussi, et toujours avec du Bach (cette fois c'est la sublime bourrée de la suite n°3. Arrrh... les suites pour violoncelle, à part les Winterreise de tonton Schubert -le sommet- j'entends rien de mieux).

Le créateur Philip Scott Johnson

Vous allez reconnaître : Léonardo da Vinci, Francisco Goya, Albrecht Durer, Joshua Reynolds, Rembrandt, Andy Warhol, William-Adolphe Bouguereau, Henri Matisse, Eugène Delacroix, Jean-Francois Millet, Jan van Eyck, Peter Paul Rubens, James McNeill Whistler, John Singer Sargent, Kazimir Malevich, Nicolas Poussin, Paul Cézanne, Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Dante Gabriel Rossetti, Diego Velazquez, Nicholas Hilliard, Anthony Van Dyck, Titien, Veronese, Lucas Cranach l'Ancien, Edouard Manet et Pablo Picasso.

Women in art


Magnifique et avec une suite de Bach ! (la sarabande de la suite n°1 pour violoncelle)

Transmis par M.W.

Les peintres (pas facile et pas forcément dans l'ordre) : Leonardo Da Vinci, Raphael - Raffaello, Titien - Tiziano Vecellio , Botticelli , Giovanni Antonio Boltraffio, Dürer, Lucas Cranach l'ancien, Antonello da Messina, Pietro Perugino, Hans Memling, El Greco, Hans Holbein, Fyodor Stepanovich Rokotov, Rubens, Gobert, Caspar Netscher, Pierre Mignard, Jean-Marc Nattier, Élisabeth-Louise Vigée-Le Brun, Sir Joshua Reynolds, Franz Xaver Winterhalter, Alexei Vasilievich Tyranov, Vladimir Lukich Borovikovsky, Alexey Gavrilovich Venetsianov, Antoine-Jean Gros, Orest Adamovich Kiprensky, Amalie, Corot, Manet, Fantin Latour, Ingres, William Clark Wontner, William-Adolphe Bouguereau, Comerre, Leighton, Blaas, Renoir, Millias, Duveneck, Cassat, Weir, Zorn, Mucha, Paul Gaugain, Matisse, Picabia, Klimt, Hawkins, Magritte, Salvador Dali, Malevich, Merrild, Modigliani, Picasso.

Vous pouvez trouver les réponses ICI.

dimanche, 24 août 2014

Rois et reines

C'est le poème d'Èmily Dickinson, dit par Emmanuelle Devos à la fin du film "Rois et Reine" de Arnaud Desplechin, je vous mets la version anglaise, la traduction est de moi, approximative.

Water, is taught by thirst.
Land -- by the Oceans passed.
Transport -- by throe --
Peace -- by its battles told --
Love, by Memorial Mold --
Birds, by the Snow.

L'eau s'apprend par la soif
La terre par les océans traversés,
La volupté par l'anxiété,
La paix par les batailles menées,
L'amour par les poussières du souvenir,
Les oiseaux par la neige.

Une très bonne analyse de ce film et un entretien avec Dépleschin sur ce site.

lundi, 30 juillet 2012

Incipit

Kérouac
J’ai rencontré Neal pas très longtemps après la mort de mon père… Je venais de me remettre d’une grave maladie que je ne raconterai pas en détail, sauf à dire qu’elle était liée à la mort de mon père, justement, et à ce sentiment affreux que tout était mort. Avec l’arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu’on pourrait appeler ma vie sur la route. Avant, j’avais toujours rêvé d’aller vers l’Ouest, de voir le pays, j’avais toujours fait de vagues projets, mais sans jamais démarrer, quoi, ce qui s’appelle démarrer. Neal, c’est le type idéal, pour la route, parce que lui, il y est né, sur la route, en 1926, pendant que ses parents traversaient Salt Lake City en bagnole pour aller à Los Angeles. La première fois que j’ai entendu parler de lui, c’était par Hal Chase, qui m’avait montré quelques lettres écrites par lui depuis une maison de correction, dans le Colorado. Ces lettres m’avaient passionné, parce qu’elles demandaient à Hal avec une naïveté attendrissante de tout lui apprendre sur Nietzsche et tous ces trucs intellectuels fabuleux, pour lesquels il était si justement célèbre. À un moment, Allen Ginsberg et moi, onavait parlé de ces lettres, en se demandant si on finirait par faire la connaissance de l’étrange Neal Cassady. Ça remonte loin, à l’époque où Neal n’était pas l’homme qu’il est aujourd’hui, mais un jeune taulard, auréolé de mystère. On a appris qu’il était sorti de sa maison de correction, qu’il débarquait à New York pour la première fois de sa vie ; le bruit courait aussi qu’il avait épousé une fille de seize ans, nommée Louanne. Un jour que je traînais sur le campus de Columbia, Hal et Ed White me disent que Neal vient d’arriver, et qu’il s’est installé chez un gars nommé Bob Malkin, dans une piaule sans eau chaude, à EastHarlem, le Harlem hispano. Il était arrivé la veille au soir, et découvrait New York avec Louanne, sa nana, une chouette fille ; ils étaient descendus du Greyhound dans la 50e Rue, et ils avaient cherché un endroit où manger ; c’est comme ça qu’ils s’étaient retrouvés chez Hector, à la cafétéria que Neal considère depuis comme un haut lieu new-yorkais. Ils s’étaient payé un festin de gâteaux et de choux à la crème. Pendant ce temps, il abreuvait Louanne de discours sur le mode : « Maintenant que nous sommes à New York, chérie, même si je ne t’ai pas dit le fond de ma pensée en traversant le Missouri, et surtout quand nous sommes passés devant la maison de correction de Bonneville, qui m’a rappelé mes démêlés avec la prison, il faut absolument oublier les menus contentieux de nos problèmes-mamoureux pour envisager désormais nos projets de vie professionnelle… » etc., à sa manière, qui était celle de sa prime jeunesse. Je me pointe à la piaule sans eau chaude, avec les copains, et Neal nous ouvre en calcif. Louanne saute du lit, vite fait. Il faut croire qu’il était en train de baiser avec elle : il passait sa vie à ça.

Jack Kérouac, première page du rouleau original de "Sur la route", NRF Gallimard
Édition établie par Howard Cunnell
Préfaces de Howard Cunnell, Penny Vlagopoulos, George Mouratidis et Joshua Kupetz
Traduit de l'anglais par Josée Kamoun.

mardi, 3 avril 2012

La sainte Anne de Léonard

J'ai profité d'un court passage à Paris pour aller au Louvre voir l'exposition La Sainte Anne, l'ultime chef-d'œuvre de Léonard de Vinci.
La file d'attente pour entrer sous la pyramide commençait dans la cour carrée ! Mais ce ne fut pas si terrible. En trente minutes nous étions entrés et il faisait très beau. Encore quinze minutes pour obtenir un billet et j'étais dans la place.
esquisse pour la tête de Marie
Je ne vais pas vous ébaubir en qualificatifs dithyrambiques mais l'exposition est vraiment intéressante et ce qui est donné à voir souvent très beau.
L'exposition commence par de très nombreux dessins et esquisses préparatoires de Léonardo, se continue par des copies faites dans son atelier ou plus tardivement, puis par le tableau restauré, vraiment admirable, à côté duquel est accroché le carton préparatoire.
Ce qui est assez fascinant, c'est le contraste entre les nombreuses copies et l'œuvre originale, qui vous oblige à la recherche de l'imperceptible pour comprendre ce passage de l'ordinaire à l'extraordinaire, de l'original aux copies.
La question se pose encore devant la Joconde du Prado, qui est aussi dans l'exposition, et qui paraît très inférieure à celle du Louvre. C'est le génie de Léonard et son fameux sfumato qui, sans doute, font toute la différence.
Ne manquez pas cette expo.

sainte Anne avant at après restauration
copyright RMN

A regarder plein écran

lundi, 3 octobre 2011

Dernier inventaire avant liquidation

C'est le titre du dernier livre de Frédéric Beigbeder dans lequel il commente 50 titres d'un classement des 100 meilleurs livres du XXème siècle établi par les lecteurs du monde.
<img src="/dotclear/public/xxxxxx
Alors, je me suis amusé à lister presque de mémoire, comme cela me venait, les 100 livres qui ont compté pour moi depuis mon enfance. Je vais rapidement m'apercevoir qu'il manque quelques ouvrages essentiels, mais peu importe, voilà ma liste. Sans ordre, tels qu'ils sont venus.
J'ai mis *** à ceux qui ont vraiment été très importants à un moment de mon existence.

Albert Camus, La peste ***
Douglas Hostadter, Gödel, Escher, Bach ***
Virginia Woolf, Mrs Dalloway ***
Art Spielgelman, Maus ***
Emile Zola, L'assomoir ***
Hector Malot, En famille (2 tomes) ***
Jules Verne, Michel Strogoff ***
Cesare Pavese, Travailler fatigue / La mort viendra et elle aura tes yeux ***
Moïse Maïmonide, Le guide des égarés
Jankelevitch, L'imprescriptible ***
Raymond Carver, Trois roses jaunes
André Dhotel, Le pays où l'on arrive jamais ***
Gurdjieff Gueogui Ivanovitch, Rencontre avec des hommes remarquables
La Bible de Jérusalem
André Chouraqui, La Bible
François Jullien, La grande image n'a pas de forme
Paul Lafargue, Le droit à la paresse
Françoise Dolto, L'évangile au risque de la psychanalyse (2tomes)
Gastion Bachelard, La psychanalyse du feu
Epictète, Manuel
Murasaki-Shikibu, Dit du Genji (2 tomes) ***
Antonio Tabucchi, Nocturne Indien
Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini ***
Jacques Lacan, Télévision
Ginette Mathiot, Je sais cuisiner
Hergé, Tintin au Tibet ***
Malcom Lawry, Au dessous du volcan ***
Claude Lévy-Strauss, Tristes tropiques
Julien Gracq, Le rivage des syrtes ***
Marguerite Duras, La douleur
Michel Tournier, Le roi des aulnes
Susan Sontag, Sur la photographie
Andersen, Ib et Christine
Alphonse Daudet, Les lettres de mon moulin ***
James Joyce, Ulysse (2 tomes)
Diane Arbus, Diane Arbus ***
Marguerite Yourcenar, L'oeuvre au noir
Henri Laborit, Eloge de la fuite ***
Lao-tzeu Ma Kou, Lie-Tzeu, Tchouan-Tzeu, Les philosophes taoïstes ***
Régis Debray, Dieu - un itinéraire
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète
William Faulkner, Le bruit et la fureur
Montaigne, Les essais
Jacques Prévert, La pluie et le beau temps ***
Wihlem Reich, Ecoute petit homme
Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur ***
René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde ***
Milosz Czeslaw, Enfant d'Europe
Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude
Robert Antelme, L'espèce humaine ***
F'Murr, Barre-toi de mon herbe ***
Soseki Natsumé, Oreiller d'herbes ****
Khalil Gibran, Le prophète
Fernado Pessoa, Le livre de l'intranquilité
Erri De Luca, Trois chevaux
George Sand, La mare au diable
Contesse de Ségur, Les malheurs de Sophie ***
Marcel Proust, Du côté de chez Swann
Selma Lagerlof, La légende de Gösta Berling
Roland Barthes, Mythologies
Jonathan Swift, Les voyages de Gulliver
Victor Hugo, Les misérables
Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires ***
Francis Ponge, La fabrique du pré ***
Junichiro Tanizaki, Eloge de l'ombre
Philippe Jaccottet, Poésie 1964/1967
Thérèse D'avila, Le chemin de la perfection
Umberto Ecco, Le nom de la rose
Stendhal, Le rouge et le noir ***
Colette, La maison de Claudine
Toni Morrison, Beloved
Jean-Paul Sartre, Les mots ***
Inconnu, La bhagavad-Gita
Patrick Süskind, Le parfum
François Mauriac, Le noeud de vipères
Omar Khayam, Rubayat
Henri Miller, Jours tranquilles à Clichy
Jean Piaget, Six études de psychologie
Elisabeth Fontenay, Le silence des bêtes
Paul Ricoeur, Le juste, la justice et son échec
Spinoza, L'éthique
Paul Claudel, L'annonce faite à Marie
Marc Aurèle, Pensées à moi-même
Alberto Moravia, L'ennui
Xavier de Maistre, Voyage autour de ma chambre
Haruki Murakami, Kafka sur le rivage
Pierre Brantome, Les dames galantes
Guillaume Apollinaire, les onze mille verges ***
Odysseus Elytys, Six plus un remords pour le ciel
Malraux, La métamorphose des dieux ***
Ryokan, 99 haiku
Claude Duneton, La puce à l'oreille
Joann Sfar, Le chat du rabbin
Heimito Von Doderer, Un meurtre que tout le monde commet ***
Jean-Jacques Sempé, Monsieur Lambert
Robert Dumas, Traité de l'arbre
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
Yves Bonnefoy, Les planches courbes
René Char, Feuillets d'hypnos
Arthur Rimbaud, Œuvres complètes ***

mardi, 6 septembre 2011

Fairouz - Gibran


Le chant du Nay *

Donne-moi le Nay et chante,
Le chant, secret de l'éternité.
Les lamentos du Nay s’attarderont
Au-delà de l’étiolement de l'existence.

As-tu, comme moi,
Préféré pour demeure
La forêt aux châteaux ?

As-tu suivi l’onde
Et gravi les rochers ?

T'es-tu oint le corps d’onguent,
Effluve évaporé dans la lumière ?

T'es-tu enivré de l'aube
Dans des coupes emplies d'éther ?

T'es-tu, comme moi,
Assis au crépuscule,
Parmi les joues indolentes et lustrées
Des vignes gorgées de grappes ?

T'es-tu couché sur l'herbe la nuit
Et t’es-tu recouvert des cieux,
T’épanchant en l'avenir
Et oublieux du passé ?

Donne-moi le Nay et chante,
Le chant, diapason des cœurs.
Les lamentos du Nay s’attarderont
Au-delà de l’épuisement des péchés.

Donne-moi le Nay et chante,
Oublie maux et remèdes,
Car tout homme
N’est qu’ébauche d’aquarelle.

Khalil Gibran - Le livre des processions, chant n°5


* Le nay est une flûte de roseau.

mardi, 9 août 2011

Mayas

Je ne suis pas allé à Paris que pour cette expo, mais enfin, j'en étais curieux ; et puis je voulais savoir ce qu'étaient devenus les jardins, autour du bâtiment construit par Nouvel, que je n'avais vus qu'à l'ouverture il y a quelques années. Ils sont luxuriants.
Il faisait un temps de Canis lupus familiaris comme on dit sur Wikipédia et j'ai bien failli rater l'heure de visite réservée sur le net. Au métro Iéna, il faut sortir en direction du palais de Tokyo et descendre l'escalier qui le longe pour traverser directement par le pont d'Iéna, sinon on se retrouve au Trocadéro et cavaler sous la pluie, c'est assez moyen. Bon ! J'y fus just in time.
Le billet "coupe-file" était inutile, tout comme les deux euros payés en supplément, il n'y avait pratiquement pas un Felis silvestris catus (comme on dit sur Wikipedia) aux caisses.

maya.jpg
Vase stuqué et peint - Basses terres, Guatemala - Céramique (550-800 apr. J.C.)


Belle montée dans le musée, les pas dans un torrent de lettres et de mots tout au long du parcours.
Mais désenchantement, la queue était dans le musée. Un bon quart d'heure d'attente.
Vous avez bien fait de venir vers treize heures m'a dit un jeune assistant dégingandé et costumé dans une sorte de frac aux manches trop courtes d'où émergeait la tête d'un tatouage serpentesque. Dans une heure vous auriez du attendre quarante cinq minutes. C'était vrai.
Pourquoi cette file d'attente ? La mezzanine ne supporterait pas plus de cent personnes. Soit, quoique un peu étonné.
En fait l'exposition, très dense, et un peu conçue comme un magasin Ikéa, serpentesque itou, avec des chemins étroits. Difficile d'y caser plus de cent personnes effectivement et de s'y presser à plus de deux ou trois de front ; d'autant qu'un bataillon de mamys squattait devant chaque vitrine pendant des heures (oui, je sais, mais le temps c'est relatif) tout en commentant : «Ah ben dis donc Paulette, on dirait bien que c'est du jade - Tu crois - On dirait bien...». Passionnant.
L'expo est bavarde (re-itou) et il faut sans doute doubler la durée prévue si on lit l'intégralité des commentaires, explications éminemment didactiques imprimés sur moults panneaux mal éclairés. Pas nécessaire, vous en saurez davantage en cherchant tranquillement sur le net. Mais les expos ont tout de même souvent la sale habitude de s'exposer plutôt que d'exposer ce qu'elles exposent (vous suivez ? ).
Il y a de très belles choses. Des céramiques, des «mugs» à faire pâlir un anglais, qui ont souvent entre 1500 et 2000 ans, (pas les anglais, les mugs) bien avant que Geoffroy V, comte d'Anjou et du Maine ne s'installe sur les bords de la Tamise ; de très beaux bijoux (en jade bien sûr, mais pas seulement) ; de nombreuses poteries peintes, des encensoirs, des statuettes et de magnifiques plaques gravées de hiéroglyphes.
C'est à voir, en prenant soin de s'y rendre en semaine, à l'heure du déjeuner ; si un parisien sur dix mille à la même idée que vous, cela fait encore beaucoup de monde.

Musée du Quai Branly - Maya jusqu'au 2 octobre.

dimanche, 1 mai 2011

Jeff Wall

jeffwall.jpg
Invisible Man ©Jeff Wall

Avec Luigi Ghirri, Jeff Wall est le photographe contemporain que j'aime le plus.
Il est dans une exposition à Bruxelles, The Crooked path, au palais des Beaux-Arts jusqu'au 11 septembre.
Un site pour en savoir plus, voir des vidéos, ou pour réserver son billet.
Et puis allez sur Google, vous trouverez beaucoup de ses photos.

samedi, 16 octobre 2010

Monet

Un site magnifique à visiter si vous ne pouvez pas aller voir l'expo parisienne.
Deux promenades interactives dans l'œuvre de Monet. A ne pas manquer.

expomonet2010.jpg
Cliquez sur l'image.


vendredi, 11 juin 2010

Qumran

manuscrit Qumran

J'ai visité, à la BNF, l'exposition Qumran, le secret des manuscrits de la mer morte.
La BNF, avec ses quatre tours "livre" est assez quelconque de l'extérieur, mais intéressante quand on est sur la plate-forme supérieure, que la pluie rend luisant le bois du sol et que la forêt plantée dans la cour intérieure s'aperçoit progressivement.
L'entrée de l'exposition n'est pas chère, sept euros et le péristyle qui mène à l'expo est beau, simple, lumineux.
Pour conforter d'aucuns d'entre vous dans leur opinion de vieux phacochère grognon me concernant, je commencerai par ce qui ne m'a pas paru très réussi, la conception de l'expo.
Comme souvent maintenant, l'exposition s'expose plutôt qu'elle n'expose.
L'éclairage minimal (pour recréer l'impression grotte) ne facilitait ni la lecture des textes, ni l'observation des fragments de manuscrits.
Pour créer un parcours dans cette grande salle rectangulaire, le scénographe avait multiplié les pupitres de différentes tailles, créé de grands cylindres de tissus dans lesquels étaient projetées des images, affichés de grands panneaux contant l'histoire des lieux, des documents, des écritures...
Les visiteurs étaient nombreux, approcher certains manuscrits demandait un certain goût pour la gymnastique obséquieuse - pardon, s'il vous plaît, je vous en prie - et pas mal d'impatience contenue.
Enfin, mais pas à la fin, assez peu de documents originaux sont présentés. Les pièces les plus importantes sont des fac-similés, excellents cependant. Ce n'est pas très gênant.
Quant au contenu de l'exposition il est très intéressant, même s'il est nécessaire d'être un peu averti si l'on ne veut pas passer des heures à lire les nombreux outils didactiques suspendus sur tous les murs.
Mais si vous voulez :
  • connaître l'histoire genre "Indiana Jones" de la découverte des manuscrits de la mer morte,
  • vous étonnez de la férocité des luttes pour le contrôle des manuscrits (entre Kafka et les Marx Brothers),
  • douter avec les scientifiques de l'existence des esséniens,
  • ne plus rien ignorer des bibles masorétiques, de la Septante, de l'Hexaples d'Origène,
  • voir des manuscrits sur cuir ou sur cuivre,
  • décoder la stèle de Mésha et le code d'Hammurabi,
  • constater que le code d'Hammurabi contenait bien avant la bible une description du déluge et des articles de loi proches de ceux que l'on trouve dans la "Loi de Moïse",
  • comparer les écritures cunéiforme, phénicienne, akkadienne, syriaque, araméenne, paléo-hébraïques, judéennes, arabe, grecque...,
  • vous étonner de la beauté simple des jarres de terre cuite,
  • admirer le tableau de Rembrandt "Tobie, rendu aveugle après avoir reçu de la fiente d'oiseau dans les yeux, à qui l'archange Raphaël, envoyé par Dieu, rendit la vue" (le livre de Tobie, apocryphe pour les catholiques, est très présent dans les manuscrits de Qumran),
allez voir cette exposition.
Le livre de l'exposition est admirablement bien fait et permet ensuite de tout relire et de tout revoir tranquillement.
L'expo continue jusqu'au 11 juillet.

raphael_tobie.jpg
Rembrandt - L'archange Gabriel quittant la famille de Tobie - Musée du Louvre


mercredi, 20 janvier 2010

des choses volent

Très belle exposition de Nini Geslin, "Ici les choses volent" jusqu'au 20 février à la bibliothèque universitaire d'Angers, 57 quai Félix Faure.
Ouvert du lundi au jeudi jusqu'à 20h, jusqu'à 18h le vendredi.
Nocturnes jusqu'à 22h à partir du 25 janvier.

nini_geslin1.jpg

nini_geslin2.jpg

mardi, 22 décembre 2009

Along the river 清明上河圖

estampe_chine.jpg
Along the river during the Ching-ming festival

Chaque année, le 4 avril, lors de la fête de Ching-ming, les chinois rendent hommage aux ancêtres.

Cette estampe a été peinte vers 1085-1145, pendant la Dynastie des Song du nord. Elle a été modifiée pendant la Dynastie Qing, mesure 528cm de large et 24,8 cm en hauteur et est considérée comme l'un des Grands Trésor de la Chine. Elle se trouve à SHANGHAI.
Cliquez sur l'image pour voir et faire défiler cette magnifique estampe. Cliquez sur les rectangles blancs quand vous les verrez et mettez le son.

Merci à M.B.

dimanche, 8 novembre 2009

Deaf dancers


Thousand-Hand Guan Yin par le China Disabled People’s Performing Art Troupe

Toutes ces danseuses sont mal-entendantes. Le tableau représente le bodhisattva Avalokiteshvara, le bouddha de la compassion, vénéré dans le bouddhisme du "grand véhicule" (mahāyāna).
Pour le bouddhisme tibétain (l'une des formes du mahāyāna) Tenzin Gyatso, actuel et 14e Dalaï lama, serait la réincarnation d'Avalokiteshvara.
Dans sa version chinoise, il s'est féminisé, devient une madone et est nommé Guānshìyīn ou Guān Yīn (il a d'autres noms au Japon (Kannon), en Corée...).

avalokiteshvara


vidéo transmise par JCL

mercredi, 22 avril 2009

La bibliothéque numérique mondiale

Caste de l'Inde

L'UNESCO a mis en ligne le 21 avril la BNM, Bibliothèque Numérique Mondiale (World Digital Library). Ce n'est que le début, il y a encore assez peu de documents - 1300. C'est déjà intéressant. Il sera possible de consulter des documents conservés dans les plus prestigieuses bibliothèques. Soixante pays devraient participer.
Je trouve assez émouvant de voir la constitution des États-Unis (4 pages !), une peinture rupestre d'Afrique du Sud de plus de 10 000 ans ou une description de 1837 de «soixante-douze modèles de castes en Inde» (ci-dessus).

samedi, 18 avril 2009

On n'y voit rien

delcossa
Si vous souhaitez savoir pourquoi Francesco Del Cossa, vers 1470, a peint un escargot tout au bord de son annonciation ; ce que peut bien faire là ce gastéropode alors que Gabriel annonce à Marie qu'elle va avoir un bébé ? Tout de même !

titien
Si vous vous demandez ce que cette charmante jeune femme dénudée, la Vénus d'Urbino peinte par le Titien, peut bien faire avec sa main gauche, pourquoi elle tient des roses dans sa main droite, ce que fait la servante accroupie et ce qu'elle cherche dans le coffre, ce que diable signifie la présence de ce petit chien endormi...
arasse
Si vous souhaitez en savoir plus sur Les Ménines de Vélasquez et les mystères de l'histoire et de la construction du tableau, sur une nativité de Brueghel l'Ancien et la place étonnante qu'y occupe Gaspard le roi mage noir, si Marie-Madeleine, qui essuya les pieds du Christ avec sa chevelure, était une fausse blonde... vous lirez l'excellent livre de l'historien d'art Daniel Arasse «On n'y voit rien».
C'est intelligent, drôle, cultivé, cohérent, construit avec beaucoup de malice, le style est agréable, des dialogues imaginaires construisent les développements, on ne s'ennuie jamais. Un vrai plaisir.
Merci JPST

samedi, 20 décembre 2008

Poissons et bateaux


Fische und schiffe, une histoire musicale d’un garçon, d’un cuisinier, d’un pêcheur, d’un gigantesque poisson prédateur accompagné de son serviteur, et d’un naufrage, en silhouettes animées. Une animation d'Axel Brütje, musique de Mathias Claus

Transmis par Hmouz

Si vous ne pouvez pas lire ce vidéofilm, il vous faut télécharger Quicktime alternative


samedi, 18 octobre 2008

Jean-Marie Gustave

jmgleclezio.jpg

Révolutions de JMG Le Clézio. Gallimard, 2003.

Extrait :

«On a le cœur qui bat, quand on revient après une longue absence. C’est comme après la guerre. On avance dans les rues en flairant un peu, cherchant les traces. On guette les bruits familiers, on remonte des filières. Les rues du quartier de la gare, toujours aussi vides, inutiles. Le Café des artistes, sa devanture terne, son rideau pisseux qui cache aux regards extérieurs la grande salle généralement occupée par des assemblées de copropriétaires. L’Hôtel Briggs où Jean avait été veilleur de nuit, son entrée délabrée, ornée de cariatides obèse, sa cage d’escalier en fil de fer. Les magasins, dépôts d’aspirateurs, fabriques de cartes de visite et de menus de mariage, buraliste, marchand de couleurs, marchand de tissus, marchand d’ampoules électriques. La plupart sont fermés à cause de l’été finissant, cette saison où l’ombre est chaude, le goudron de la chaussée pareil à la mer, la mer lourde couleur de bitume. La saison qui autrefois faisait naître dans le cœur de Jean une insurmontable angoisse, comme à l’approche du printemps.

Il marche dans ces rues, sans vraiment chercher un but, une porte, un numéro. La façade de la supérette a si souvent changé qu’on ne sait plus si c’est un Timmy, un Codec, un Casino ou un Bon Lait. Le rideau de fer est baissé, il y a un papier scotché de travers, un peu effiloché : Fermé pour cause d’inventaire. La date de réouverture a été mangée par le soleil.

Hier, en entrant dans l’appartement de ses parents, Jean a eu un haut-le-cœur. Rien n’a changé ici, mais rien n’est plus comme avant. Atmosphère surchauffée, odeur de moisi, poussière. Le père de Jean s’est tassé, il ne bouge plus. Il passe ses journées assis dans son fauteuil roulant, tourné vers la fenêtre, à regarder le mur jaune de l’immeuble en face. Il ne parle pas. L’attaque a rongé sa parole, a raidi ses tendons. Sur son visage maigre, un sourire inexpressif s’est figé. Il y a la lissité de l’angoisse. Jean a été stupéfait de sa beauté. Maintenant il ressemble au soldat de l’armée coloniale, au temps de la guerre des Chiens-Courants, quand il avait tenu tête au haut commandement pour sauver la vie de la terroriste chinoise Lee Meng. Cette histoire qui était sa légende, sa gloire et son échec, et qui l’avait renvoyé en Europe brisé et malade. Ses cheveux blancs ont poussé, descendent sur ses épaules. Il a une barbe taillée à coups de ciseaux, des sourcils en broussaille. Sharon s’est excusée : « Il ne voulait pas, mais moi je ne pouvais plus le raser, tu comprends ? »

Elle a embrassé Jean longuement. Elle avait les yeux pleins de larmes. «Tu ne vas pas repartir ?» Elle semblait déprimée, fatiguée. Jean essayait de la rassurer, de la distraire. Il a partagé le dîner, le riz blanc et les brèdes au cari. Sharon a posé la question : «Tu vas essayer de régler ta situation pour le service militaire, n’est-ce pas ?» Il a répondu évasivement. Maintenant que la guerre était terminée, cela n’avait plus grande importance. Peut-être même qu’on l’avait oublié. À son père, Jean a donné l’accolade, le temps de sentir à quel point ce corps était devenu léger. Il a donné sa main, et son père s’est agrippé à cette main de toutes ses forces, comme s’il n’allait plus la mâcher. Jean souriait et grimaçait, il était ému de se rendre compte que toute la force de cet homme était passée dans ses mains.»


mercredi, 17 septembre 2008

De plus près

Le site de la fondation Kremer utilise l'API de GOOGLE (agrandissement des cartes) pour présenter sa collection de peintures hollandaises (Rembrandt, Hals, Pieter de Hooch, etc.).
Très bonne idée et excellent moyen de voir une œuvre d'art sur internet avec une extrême précision. Bon, il n'y a pas l'objet, la matière, le relief, la lumière qui bouge, mais je ne suis pas sur qu'il soit possible d'approcher de si près un tableau dans un musée. «Hep, vous là bas !»
C'est comme tout internet, les courriels, les textos ; ça ne remplace pas, c'est en plus.

rembrandt_viel_homme_detail.jpg
Rembrandt Harmensz van Rijn
(Leiden 1606 - 1669 Amsterdam)
Buste de viel homme avec turban (détail !)


Cliquez sur l'image pour voir l'œuvre.
Cliquez ICI pour voir le site de la Fondation Kremer

Information trouvée sur le site du graphiste designer Geoffrey Dorne. A visiter.

jeudi, 29 mai 2008

Rauschenberg

rauschenberg_red_painting.jpg
Untitled (Red Painting), ca. 1953.
Oil, fabric, and newspaper on canvas, with wood, 79 x 33 1/8 inches.
Solomon R. Guggenheim Museum, Gift, Walter K. Gutman, 1963. 63.1688.
© Robert Rauschenberg/Licensed by VAGA, New York, NY.

L'autre précurseur du pop-art, Jasper Jones, est toujours vivant.


mardi, 1 avril 2008

Clins d'oeil à Arsène, Lucile, Laure, Pia, Max et quelques autres

optique1.jpg
Non, non, rien ne bouche !

Lire la suite...

vendredi, 28 mars 2008

B D

larcenet2.jpg

larcenet.jpg
images extraites de la BD, Le combat ordinaire (1/4)

Manu Larcenet, c'est pas mal du tout.

lundi, 7 janvier 2008

Hokusaï

hokusai_iris.jpg
Hokusai Katsushika 北斎 葛飾 (1760-1849)
cliquez sur l'image pour voir l'expo virtuelle "Hokusaï génie du graphisme"


"Dès l'âge de six ans j'ai commencé à dessiner toute sorte de choses. A cinquante ans, j'avais déjà beaucoup dessiné mais rien de ce que j'ai fait avant ma soixante dixième année ne mérite vraiment qu'on en parle. C'est à soixante treize ans que j'ai commencé à comprendre la véritable forme des animaux, des insectes et des poissons et la nature des plantes et des arbres. En conséquence à quatre vingt six ans, j'aurai fait de plus en plus de progrès et, à quatre vingt dix ans j'aurai pénétré plus avant dans l'essence de l'art. A cent ans, j'aurai définitivement un niveau merveilleux, et, à cent dix ans, chaque points et chaque lignes de mes dessins aura sa vie propre."

Enfance et formation à l'école KATSUKAWA

jeudi, 7 décembre 2006

Sujata Bajaj



Sujata Bajaj est née en Inde, à Jaïpur, et vit en France.
Elle vient de publier un livre avec Jean-Claude Carrière "L'ordre du Monde" (traduction possible du concept hindouiste de Dharma).



De nombreuses peintures à regarder sur son site.

samedi, 2 septembre 2006

Objets blessés

Casser un objet usuel n’a plus guère d’importance. Il suffit le plus souvent de le remplacer.
La chose (si je puis dire) devient plus complexe quand il s’agit d’un cadeau, d’un souvenir, d’un objet repère d’un évènement, d’un marqueur.

Il doit y avoir trois écoles, trois attitudes face à l’objet cassé.

La première consistant à vouer le casseur ou la casseuse aux gémonies, (y compris vous même "Ah, quel maladroit je fais !") à rassembler les morceaux et à les jeter.

La deuxième, passée la période des gémonies, vous transportera au magasin de bricolage le plus proche pour y acheter la colle ad hoc. La réparation sera faite avec le plus grand soin, l’objet blessé ne devant plus montrer sa blessure. « Ça se voit même pas ». Tout le monde sait bien qu’il est cassé, il sera moins mis en évidence, quittera le rebord de la cheminée pour être isolé au fond d’un placard.
- Je pouvais pas jeter le vase que la tante Mimi m’avait donné pour notre anniversaire de mariage.
- Il était assez moche.
- Oui, mais j’aimais beaucoup ma tante Mimi.


La troisième attitude, post-gémoniesque, est assez proche de celle de nombre de mères (et parfois de pères) de ma connaissance. La réparation est mal faite, il manque quelques petits morceaux qui sont de toutes façons partis dans l’aspirateur quand Madame Gomez est venue faire le ménage la semaine dernière. Mais, qu’à cela ne tienne, on ne jette pas.
Mais maman il était moche ce chien en faïence vert. Je l’avais gagné sur une fête foraine il y a au moins trente ans !
Moche ou pas, l’objet restera en place, ébréché, rafistolé, encore plus moche.

C’est assez curieux cette nécessité de refuser la blessure des objets, l’assiette ébréchée, la statuette fendue, l’éclat terni.
C’était tout l’intérêt de l’exposition en septembre 2006 au musée du quai Branly ( !) : Objets blessés, la réparation en Afrique.
L’objet africain est réparé mais la blessure n’est pas dissimulée, bien au contraire.
Utilisée, mise en valeur par les réparations, par des tressages, des agrafes, des clous devenant œil, la blessure n’est pas niée.
Elle est le prétexte à une recréation, à une réinvention pour obtenir ce que fut l’objet et ce qu’il est devenu après avoir vécu. Et celui-ci acquiert une nouvelle beauté.


calebasse du Mali
© musée du quai Branly photos Patrick Gries


F. D.