Le Président d’une Société multinationale reçoit en cadeau un billet d’entrée pour un concert ; au programme, la Symphonie Inachevée de Franz Schubert.

Ne pouvant s’y rendre, il transmet l’invitation à son Directeur des Ressources Humaines, à charge pour celui-ci de lui faire rapport sur la qualité du concert.

Le lendemain, le Président trouve sur son bureau le rapport de son DRH.
  1. Les joueurs de hautbois demeurent inactifs pendant des périodes considérables. Il convient donc de réduire leur nombre et de répartir leur travail sur l’ensemble de la symphonie, de manière à réduire les pointes d’inactivité.
  2. Les douze violons jouent tous des notes identiques. Cette duplication excessive semble inutile : il serait bon de réduire de manière drastique l’effectif de cette section de l’orchestre. Si l’on doit produire un son de volume plus élevé, il serait possible de l’obtenir avec un amplificateur électronique.
  3. L’orchestre consacre un effort démesuré à la production de triples croches. Cela constitue un raffinement inutile : il est recommandé d’arrondir toutes les notes à la double croche la plus proche. En procédant de la sorte, il devait être possible d’employer des stagiaires ou des opérateurs peu qualifiés.
  4. La répétition par les cors de passages déjà exécutés par les cordes ne présente aucune nécessité. Si tous les passages redondants de ce type étaient éliminés, il serait possible de réduire la durée du concert de deux heures à 20 minutes.
Et enfin, Monsieur le Président, voici ma conclusion : de toute évidence, si le dénommé Schubert avait pu prêter attention à ces remarques, il aurait été en mesure d’achever sa symphonie en temps opportun.

Comme je n'ai pas la Symphonie inachevée sous l'oreille, je vous propose un extrait de la Danse allemande No. 1 in C Major par Léonard Rosenman et le National Philharmonic Orchestra.


attente.gif