Francis blog

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Tag - Vatican

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jeudi, 3 décembre 2009

Loué soit le Vatican

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Un ministre de la République peut-il être locataire d'un logement appartenant à un autre État ?
Rue Guynemer, à Paris (VIe), Bernard Kouchner occupe avec Christine Ockrent un duplex du patrimoine immobilier du Vatican.
Cette information révélée le 16 avril par Le Parisien, Catherine Kintzler, professeure émérite de philosophie à l'université de Lille III, l'a publiée sur son blog www.mezetulle.net. Elle a aussitôt fait le lien avec l'accord signé entre la France et le Vatican, en décembre 2008, sous l'égide du ministre des Affaires étrangères. Rebaptisé «accord Kouchner-Vatican» par ses détracteurs, ce texte prévoit la reconnaissance par la France des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholiques agréés par le Saint-Siège. Il s'agit donc d'une brèche dans le monopole de l'État pour la délivrance des diplômes. Cet accord, cantonné à l'origine aux disciplines canoniques, a été élargi aux matières profanes (communication, ingénierie...).
Selon le Collectif pour la promotion de la laïcité (dont fait partie L'Observatoire Chrétien de la Laïcité) l'accord Kouchner-Vatican est également contestable sur la forme. Sa publication par décret est, en effet, contraire à l'article 53 de la Constitution * , qui prévoit que tout traité international modifiant la loi française ne peut être approuvé que par voie parlementaire. Un recours, pour excès de pouvoir, a été déposé devant le Conseil d'Etat par le Collectif. Et, sur internet, une pétition contre l'accord Kouchner-Vatican a déjà recueilli plus de 15 000 signatures.
Interrogé par L'Express, le ministre des Affaires étrangères tourne en dérision ses supposés liens avec l'Etat bailleur, mais il admet qu'un nouveau texte de loi est en préparation, «l'ancien n'étant pas satisfaisant... ».

* Article 53 de la Constitution
Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à l'organisation internationale, ceux qui engagent les finances de l'Etat, ceux qui modifient des dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l'état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu'en vertu d'une loi.
Ils ne prennent effet qu'après avoir été ratifiés ou approuvés.
Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement des populations intéressées.



Voir également en bas de cette page le billet «Vigilance».

mardi, 10 mars 2009

Festa della donna

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«Lavatrice ben più utile all'emancipazione delle donne della pillola anticoncezionale»


C'est le thème d'un article de l'Osservatore Romano (organe offciel du Vatican) paru le 8 mars.
«Au XXe siècle, qu'est-ce qui a le plus participé à l'émancipation des femmes occidentales ? », s'interroge la journaliste Giulia Galeotti.
«Le débat est encore ouvert. Certains disent que c'est la pilule, d'autres la libéralisation de l'avortement, ou encore le fait de travailler hors du foyer. D'autres, cependant, se permettent d'aller encore plus loin (et proposent) : la machine à laver.»
«La sublime mystique de pouvoir changer "les draps deux fois par semaine au lieu d'une". [...]
Au début, les machines étaient très encombrantes. Mais rapidement, la technologie mit au point des modèles plus stables, légers et efficaces et on eut l'image de la super femme au foyer, souriante, maquillée et radieuse parmi les appareils électroménagers de sa maison
».

Je crois que je vais m'abonner à l'Osservatore Romano, comme dit mon neveu, c'est trop bien. Faut aimer l'humour au 3ème degré quand même.

PS : Pour son 10ème anniversaire, l'association les chiennes de garde ont décerné le premier prix du "macho de l'année" à l'Archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, qui a affirmé le 6 novembre 2008 à l'antenne de Radio Notre-Dame : «Le plus difficile est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête».
Va falloir que j'écoute aussi radio Notre-dame. Ouaf ! Trop dur !

lundi, 9 mars 2009

Journée de la femme !

dessin de Hic
dessin de Hic


Le Monde.fr :
«... une Brésilienne de 9 ans, qui attendait des jumeaux après avoir été violée à plusieurs reprises par son beau-père, a subi une IVG. L'archevêque de Recife a aussitôt excommunié la mère de la fillette, ainsi que l'équipe médicale. L'avortement, a-t-il expliqué, est plus grave que le viol. Le beau-père, lui, fait toujours partie de l'Église. Mais il devra se confesser, bien sûr, pour que la machine ecclésiastique lave ses péchés.» Robert Solé

Et un éminent sbire du Vatican, Mgr Re président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine, soutient l'archevêque de Récife qui a pris cette "remarquable" décision...
Les scribes et pharisiens hypocrites (1), pauvre Jésus, sont au cœur de l'Église catholique !

Après la brillante affaire du sieur Williamson, engeance de vipère, la hiérarchie ecclésiale fait très fort dans la crétinerie.
L'évêque de Recife Mgr Sobrinho, qui a prononcé l'excommunication, s'en fout complètement, engoncé dans ses certitudes. Il a arraché la page de son dictionnaire où figurait les mots «imbécillité» et «impéritie».
«La loi de Dieu est au-dessus de n'importe quelle loi humaine. Alors, quand une loi promulguée par des législateurs humains est contraire à la loi de Dieu, cette loi n'a aucune valeur». Il menace d'attaquer la mère en justice pour "homicide". Pour lui, Il n'y a sans doute pas de contradiction dans le fait de se situer au dessus des lois humaines et d'y faire immédiatement recours. Crétinerie vous dis-je !

Le combat pour la défense de la laïcité est de plus en plus d'actualité ; quant au combat contre la connerie, alors là, on n'est pas au bout !

(1) «Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis ; au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d'ossements de morts et de pourriture ; vous de-même, au dehors vous offrez aux yeux des hommes l'apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité» Mathieu 23 - 27


mardi, 10 février 2009

Non possumus ! *

dessin de jiho
d'après un dessin de Jiho


Je devrais me foutre comme de ma première chemise de la réintégration des affidés de Marcel Lefèbvre dans le giron du Vatican.
Mais j'ai de bonnes raisons de ne pas m'en foutre pas.
D'abord, j'ai des amis cathos-que-j'aime-bien, qui sont de vrais républicains, laïcs et tolérants.
Ils en bavent les cathos-que-j'aime-bien.
Ils ont des copines et des copains chrétiens divorcés, prêtres mariés, homosexuels, pour la contraception, les grossesses désirées, le droit de mourir dans la dignité... qui sont mis au ban (en allemand Reichsacht) et dans l'impossibilité d'accéder à certains actes, pour eux essentiels.
Dans le même temps, le pape et la hiérarchie ecclésiale vaticane tentent de réintégrer des évêques, prêtres, ouailles notoirement intégristes, négationnistes, proches de la droite la plus extrême.
Et ils acceptent ça. Belle indulgence !
J'ai d'autres raisons de ne pas m'en foutre pas et de ne pas laisser faire !
Si l'église catholique (oui, je connais l'antienne des cathos, l'église c'est nous les chrétiens pas seulement le Vatican, etc.) ne participe plus à des exactions comme elle l'a fait pendant de nombreux siècles, c'est tout simplement parce qu'elle n'a plus tout à fait le pouvoir de le faire.
Voire !
Le logiciel n'a pas été changé : cf. les pressions du Vatican sur le pouvoir politique italien (Berlu cretino !) lors de la fin de vie d'Eluana Englaro, les positions des églises polonaise, espagnole..., le développement de l'opus deï et de groupes d'influence douteux, l'attitude de l'église en Afrique, le discours de Ratisbonne,... et en France, les tentatives de remise en cause de la loi de 1905, la présence d'un ministre en exercice au conseil de la famille du Vatican, la reconnaissance par l'état des diplômes délivrés par des institutions catholiques, etc. La liste est trop longue.
Et en plus Bigard reçu par le pape ! (non je déconne :-) quoique ! )
Ils vont se bouger les cathos-que-j'aime-bien ?
Il semblerait que oui si j'en crois cet article de François Lagnau (professeur en classes préparatoires littéraires au lycée Edouard-Herriot de Lyon dans Le Monde du samedi 7 février 2009).

Non possumus !
  • Non, nous ne pouvons accepter que le pape multiplie les gestes de prévenance à l’égard de troupes marginales et passéistes, menées par des gourous autoproclamés qui n’en demandent pas tant !
  • Non, nous ne pouvons plus nous taire quand nous voyons notre Eglise (celle que nous formons et qui n’est pas la propriété du Vatican) ouvrir les bras aux fils prodigues réactionnaires, voire négationnistes, mais en chassant les progressistes.
  • Non, nous ne pouvons intégrer dans nos communautés paroissiales des fidèles avec lesquels il n’existe pas de réelle communion.
  • Non, nous ne pouvons plus qualifier de « souffrance » ou de « blessure », ce que nous ressentons, car cette fois, nous sommes vraiment en colère.
  • Non nous ne pouvons tolérer que de telles décisions, prises dans le secret des cabinets de la Curie, engagent la crédibilité de tous les catholiques du monde.
  • Non, nous ne pouvons supporter plus longtemps que s’ouvre toujours davantage le fossé entre l’institution ecclésiale et les réalités du monde moderne.
  • Non nous ne pouvons continuer de dire « amen » à tout ce qui nous scandalise dans le fonctionnement de cette gérontocratie bornée.
Si l’Eglise n’est aucunement un parti politique, avec une « droite » et avec une « gauche », elle est un corps vivant, celui du Christ. Que Benoît XVI prenne garde de ne pas l’écarteler !


Les cathos en manif avec banderoles devant les évêchés. J'aimerais bien voir ça.
Mais bon, c'est pas leur genre aux cathos, ça fait trop cégète. Dommage !
Je lui souhaite quand même bien du plaisir à l'ex-grand inquisiteur !

NB. : Vous pouvez aller relire ce billet écrit il y a quelques mois.

* Non possumus : réponse de Pierre et de Jean aux princes des prêtres, qui voulaient leur interdire le droit de prêcher l'Evangile :
«S'il est juste aux yeux de Dieu de vous obéir plutôt qu'à Dieu, à vous d'en juger. Nous ne pouvons pas quant à nous, ne pas publier ce que nous avons vu et entendu.» (Actes des Apôtres, ch. IV, versets 19 et 20.)